extraits de l'ouvrage

PROMENADE GOURMANDE

AVEC LES CONFRERIES DU MAINE ET LOIRE

 

Etant photographe native d'Angers, mes paysages sont recouverts de vignes accrochées à des barrettes de schiste.

Mes souvenirs gustatifs coulent dans la Loire, ils s'appellent brochets et sandres.

Au détour d'une balade gourmande, dans l'univers immaculé du tuffeau des troglodytes, les rillauds chauds se dégustent confortablement installés dans des fouées.

Blancs ou rouges, il coule aussi dans les verres de délicieux breuvages. Tantôt sucrés, ils s'épanouissent dans les coteaux du Layon. Tantôt pétillants, ils moussent dans le Saumurois.

Cette promenade dans le département nous transporte aussi dans des pages d'écriture. Vingt lieues séparent Emile Joulain de Joachim du Bellay, mais qu'importe, conteur des champs ou conteur des villes, la poésie n'a pas de frontière.

Suivez moi et introduisons nous dans cet univers. Arrêtons-nous dans les chapitres des confréries. Ouvrons les yeux, chez "les confrères", la couleur est à l'honneur. Ecoutez… on entend chanter, c'est l'intronisation ! Sortons, je vais vous présenter cet univers...

Dans cet ouvrage, chaque confrérie se raconte en images et textes depuis sa création et nous dévoile sa spécialité culinaire.

Le livre de 160 pages présente au public un voyage bucolique à travers les sens avec les confréries. Elles pérennisent nos traditions culturelles, gastronomiques et bachiques.

Jean-Pierre MAUSSION de l'Auberge d'Eventard à Saint- Sylvain d'Anjou a conçu huit recettes à base de vins et de produits carnés représentant les différentes confréries.

promenade gourmande avec les confreries du maine et loire
voyage sous terre avec les hommes de l ardoise

extraits de l'ouvrage

VOYAGE SOUS TERRE AVEC LES HOMMES DE L'ARDOISE

reportage primé au festival international du Scoop et du journalisme d'Angers en 1999

 

Pourquoi ce reportage ? Les paysages de mon enfance sont bleus, bleus comme l'ardoise de Trélazé. Plus tard, un de mes proches a travaillé quelques années dans l'atmosphère viciée des Ardoisières d'Angers. Loin de l'activité humaine des terriens, son quotidien commençait dès 6 h 45, à moins 450 mètres dans l'obscurité, avec pour ennemi la poussière. Il travaillait à la lueur de sa lampe frontale et des phares de son véhicule bruyant ; quelques projecteurs dramatisaient en décor. Il remontait vers 14 h 30 et après une douche bien méritée, il pouvait se consacrer au monde du jour.

Emerveillé, il me racontait ce monde à part... En 1993, sachant qu'il serait licencié, il prit mon appareil pour prendre quelques clichés lors de sa dernière descente... Je les ai développés et regardés. Une chose est sûr, j'avais envie de connaître cet univers, de rendre hommage à ces hommes de l'ombre et leur donner le droit à la clarté qu'ils méritent.

A l'époque, j'étais inscrite au club photo de Trélazé. Je contemplais les paysages de ma terre natale et imprimais ces lumières tourmentées sur ma pellicule. La petite ville minière organisait un projet mené par la Direction du Développement Culturel. Il s'agissait de présenter des photographies issues des albums de famille des trélazéens illustrant leur vie passée. Plus tard, Guy LE QUERREC, photographe, sensible aux gens et à leur vie, encadra un stage avec les habitants pour travailler sur la représentation de la vie d'aujourd'hui. Les photographies ont été exposées au printemps 1994. Ce fut pour moi la découverte de la photographie humaniste.

Au début du stage, Guy a évoqué l'esthétisme de quelques-unes de mes images sur la campagne angevine. Il me fut difficile de passer de cette tranquille attente pour capter la lumière idéale de paysages romantiques à l'audacieuse démarche pour rencontrer des gens. L'obligation d'être au plus près nécessitait une prise de contact avec l'autre. Pas de complaisance pour progresser. L'observation, l'anticipation et la réflexion sur notre écriture photographique ont été les maîtres mots de cette expérience humaine. Dans ma mémoire reste gravée une maxime de Guy, résumant tout à fait l'action de photographier : "se frotter l'oeil au papier de verre !".

Au plus profond de mon âme sommeillait la danse, une amie d'enfance trop tôt abandonnée. Nous nous sommes retrouvées, moi derrière mon viseur et elle sur scène. "Guy a marché sur mes pieds pour m'obliger à danser. Il a fait danser mon oeil".

J'étais aveugle, Guy m'a rendu la vue. Je décidai de mettre à nu mon histoire pour en raconter une autre, de m'abandonner à ce stage. On dit souvent de Guy qu'il amène les stagiaires à accoucher d'eux-même, mettant ainsi en application la maïeutique de Socrate ou "l'art d'accoucher les âmes".

Le hasard n'existe pas. Après quelques années passées à Paris, je reviens à mes racines. Mon itinéraire va croiser celui des mineurs, passant des paysages enchanteurs de mon enfance à ce désir de conter leur vie.

Aujourd'hui, les hommes ne sont plus en contact avec la roche comme par le passé. La machine qu'ils dirigent orchestre leurs nouvelles conditions de travail. Mon regard s'est tourné vers l'évolution de leur métier avec pour décor "l'ardoise brute", où le mot dimension n'a pas de sens.

Un coup de fil avec Guy : "Alors, as-tu réussi à te passer l'oeil au papier de verre ?".

Un grand merci à Guy LE QUERREC, membre de l'agence MAGNUM

Historique des Ardoisières d'Angers... Vers le XIIème siècle, nos ancêtres commencent à utiliser l'ardoise comme matériau de couverture. Il faut attendre les XVIème et XVIIème siècles pour que l'ardoise d'Angers-Trélazé prenne tout son essor. Elle devient le matériau de couverture de référence sur l'ensemble des demeures royales et seigneuriales. Ainsi, de nombreuses sociétés ardoisières se partagent "l'or noir" de l'Anjou qui affleure sur le bassin d'Angers et notamment sur Trélazé. C'est en 1891 que les plus gros producteurs fusionnnent pour donner naissance à la Société des Ardoisières d'Angers.

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